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Évaluation de l'exposition et des effets des éléments traces métalliques et du parasitisme sur la faune sauvage : contribution au développement d'une approche non létale

Neuf

En intégrant cette étude dans un contexte d'écologie du stress, l'objectif général de cette thèse est d'une part d'évaluer l'exposition et les effets des éléments traces métalliques (ETMs) et du parasitisme chez le mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus), et d'autre part de contribuer au développement de marqueurs d'exposition et d'effets toxiques[…]  Plus de détails

Déclinaisons

Fiche technique

Auteurs TETE N, UNIVERSITE BESANCON- FRANCHE-COMTE, Laboratoire Chrono-Environnement, ADEME
Public(s) Secteur de la recherche
Thématique Sols pollués
Collection Expertises
Date d'édition 2014/05
Type de document Etude / Recherche
Nb. de pages 281 P
Format pdf/A4
Langue FR

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En intégrant cette étude dans un contexte d'écologie du stress, l'objectif général de cette thèse est d'une part d'évaluer l'exposition et les effets des éléments traces métalliques (ETMs) et du parasitisme chez le mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus), et d'autre part de contribuer au développement de marqueurs d'exposition et d'effets toxiques non létaux. Au cours de trois sessions de capture, des individus ont été collectés sur 30 sites localisés autour de l'ancienne fonderie de Metaleurop Nord (Nord - Pas-de-Calais) répartis le long d'un gradient de contamination sur une zone de 40 km² polluée en cadmium (Cd) et en plomb (Pb). Les concentrations en Cd et Pb ont été mesurées dans les organes cibles (foie et reins) et dans les poils des mulots. Différents biomarqueurs d'effets toxiques létaux et non létaux ont également été mesurés. Le nombre important de mulots prélevés (n = 886) a permis d'étudierl'influence des caractéristiques individuelles (âge et sexe) et des caractéristiques paysagères sur les réponses des biomarqueurs.

Les résultats indiquent que les concentrations en ETMs des animaux vivant sur les sites les plus contaminés s'avèrent significativement plus importantes que celles mesurées sur les autres sites. En outre, plus de 25% des mulots provenant des sites les plus pollués présentent des concentrations supérieures aux seuils toxiques et ont donc un risque accru de développer des pathologies (oedèmes, cancers). Par ailleurs, cette étude révèle également que l'accumulation des ETMs chez le mulot est influencée par les caractéristiques individuelles (âge et sexe), par l'occupation des sols et qu'elle varie en fonction de la session de capture. De plus, les résultats montrent que les concentrations en ETMs (dans les organes et dans les sols) et les caractéristiques paysagères modulent les prévalences de certains parasites. En effet, la richesse parasitaire augmente chez les individus les plus exposés aux ETMs. Ces concentrations influencent également les différents biomarqueurs d'effets létaux (indices somatiques, altérations histologiques) et non létaux (condition corporelle, hématologie) évalués.

Ces résultats illustrent donc l'intérêt du développement de biomarqueurs non létaux pour l'évaluation des effets toxiques des ETMs. Les animaux avec les concentrations en ETMs les plus élevées présentent des atteintes au niveau individuel (diminution de la condition corporelle et variation des indices somatiques), au niveau tissulaire (apparition de lésions hépatiques et rénales) et au niveau cellulaire (variation de certains paramètres hématologiques). Cependant, étant donné les effets potentiels du parasitisme sur la santé de la faune sauvage, les liens de causalité entre la présence d'ETMs et les atteintes observées sont discutables. Ce travail de thèse souligne l'intérêt des approches multi-stress dans le cadre de l'évaluation de la santé de la faune sauvage.